La CPTS du Diois est une association qui rassemble des professionnels de santé pour mener des actions sur le territoire. Chaque projet est porté par un ou plusieurs soignants, avec l’appui d’un coordinateur salarié.
Notre collaboration a commencé en 2024 par une affiche pour des groupes de patients sur la douleur (voir ci-dessous). Depuis, je travaille avec la CPTS dans le cadre d’un accompagnement de dix heures par mois. Au début, j’y travaillais avec Arthur Doré, mon binôme de l’époque. Chaque sujet a son porteur de projet, un soignant ou une soignante, avec qui je travaille en lien avec le coordinateur Matthieu Boulat.
Ce que couvre ma collaboration avec la CPTS :
- des affiches et des flyers pour les actions : ateliers, conférence à destination du grand public ou des soignants, actions de sensibilisation,
- le bulletin d’information saisonnier : mise en page, design de picto, parfois accompagnement rédactionnel,
- la vitrine du local, à Die.
Chaque affiche commence par les mêmes questions au porteur du projet : à qui s’adresse-t-on, où l’affiche sera vue, ce qu’on attend du public. Les questions changent peu, les réponses beaucoup. Pour des ateliers cuisine, par exemple, le ton était « cuisine de famille » plutôt que « santé » : donner envie de cuisiner ensemble, pas donner un cours de diététique.
Ces actions relèvent de la santé publique, et leur communication suit un cadre légal : pas de promesse de résultat, pas de publicité pour un soignant nommé. Il faut donc donner envie sans rien promettre : dire ce que l’action propose, à qui elle s’adresse et comment y participer.






Le premier projet : une affiche pour comprendre sa douleur
La demande : des patients difficiles à recruter
En 2024, la CPTS lance des groupes d’éducation à la douleur : six séances, une par semaine, pour aider cinq à six patients à comprendre leur douleur persistante. Il fallait une affiche pour faire connaître ces groupes et encourager les patients à en parler à leur soignant.
Nous avons eu des difficultés à recruter des patients intéressés, et nous aimerions donc élargir un peu le message, et être plus efficaces sur le recrutement.
Un soignant porteur du projet
Le besoin des patients : être écoutés
Avec mon binôme de l’époque, nous avons d’abord discuté avec les soignants qui portaient le projet et le coordinateur, et lu ce qu’ils lisent : Explain Pain, un ouvrage de référence utilisé par les kinés pour expliquer la douleur aux patients.
Ce qui en est ressorti :
- les personnes qui souffrent de douleur chronique ont souvent derrière elles une longue errance thérapeutique, d’un soignant à l’autre, et beaucoup de découragement,
- dans le Diois, une partie du public se méfie du soin conventionnel,
- ce qui peut décider un patient à venir n’est pas le programme des séances, mais être écouté, au cas par cas.
Le besoin, une fois clarifié : une affiche qui ne décrit pas le dispositif, mais montre au patient que sa situation est comprise. Elle serait affichée en salle d’attente, à un moment où l’on pense déjà au soin, et vue plusieurs fois avant qu’on ose franchir le pas. Il fallait donc plusieurs niveaux de lecture, par exemple une accroche perceptible de loin, puis des informations à lire de près, mais éventuellement plusieurs niveaux d’interprétation.

L’intention : adopter le regard des patients
La spirale. Le parcours du patient devient une spirale dont on ne voit pas la sortie. Le texte est au centre, comme au bout du tunnel.
La douleur en ronces. Des ronces peuvent être envahissantes et nous entraver, comme la douleur. Pourtant, elles ont leur place dans un écosystème, comme la douleur a une raison d’être. La comprendre est justement ce que proposent les groupes d’éducation à la douleur. Ce motif peut aussi évoquer la Belle au bois dormant, enfermée derrière ses ronces. D’aucuns y verront peut-être aussi une couronne d’épines christique.

L’aquarelle des herbiers. Le dessin naturaliste est un langage visuel familier, qu’on fasse confiance à la science ou non. Des couleurs acidulées pour sortir du réalisme, et le bleu du logo de la CPTS pour adoucir le motif.

Le texte. L’accroche, « Comprendre vos douleurs », détourne une formule menaçante, « tu vas comprendre ta douleur », pour lui donner un sens littéral : comprendre les mécanismes de sa douleur, ce qui est exactement l’objectif des séances. Le sous-titre l’explicite et invite à agir. Le premier paragraphe dit au patient que sa situation est entendue ; le second présente les groupes et comment les rejoindre.



Le flyer. Une version réduite, que le soignant peut donner pendant la consultation, pour que le patient reparte avec quelque chose.

Après l’affiche
Les premiers groupes ont démarré fin 2024, puis le dispositif s’est installé : une nouvelle série de six séances chaque trimestre, et un recrutement élargi au-delà de Die, à Luc-en-Diois. Un nouveau groupe démarrait à l’automne 2025.
Fin 2025, l’affiche est déclinée en dépliant, avec des illustrations de Claire Lardanchet. En 2026, on la voyait encore dans des salles d’attente du Diois.
De mon côté, je continue à travailler avec la CPTS à l’année pour communiquer sur ses actions de santé publique.
Studio Vivant ! d’après la CPTS

« Relation professionnelle dynamique, agréable et productive. »
Matthieu Boulat, coordinateur de la CPTS du Diois
« Excellents graphistes : impliqués pour le projet en transversal et à fond, pour une efficacité de la communication. »
Maud Rosenstiehl, médecin généraliste et co-présidente de la CPTS du Diois
Crédits
Étude de terrain : Nicolas Guichard, Arthur Doré
Illustration, mise en page et rédaction de l’affiche : Nicolas Guichard
Illustrations du dépliant : Claire Lardanchet




