Troisième niveau : le détail du dessin, une chouette, un colibri, des haies et des bancs de galets au bord de l'eau.

Récits des eaux et des rives

Parcourir un paysage sonore

Structure

La Bande sonore, association de Caroline Fontana

Période

De 2025 à 2026

Mon travail

Conception de l’expérience et de l’interface, développement, teaser vidéo

Lieu

Diois

Catégorie

Caroline Fontana, ethnologue et réalisatrice sonore, a mené une enquête sur les relations à l’eau dans le Diois, après la sécheresse de 2022 et les tensions qu’elle a réveillées autour de son partage. Menée avec des chercheurs de l’INRAE et le soutien de la communauté des communes du Diois, l’enquête a recueilli des récits d’habitants, des scènes de vie et des paysages sonores. Caroline m’avait confié en 2019 Territoire dansé, une carte interactive couplée à des sons ; elle m’a demandé une nouvelle carte pour restituer cette enquête.

Voir la carte

Le besoin : entendre et situer les récits

Chaque récit évoque un lieu du territoire. Il fallait une forme en ligne qui relie les enregistrements à ces lieux, et qui serve aussi de support de présentation en public.

L’intention : écouter en se déplaçant sur la carte

La carte montre le réseau hydrographique du Diois, sur lequel sont répartis 35 récits et des paysages sonores. Un point d’écoute reste fixe au centre de l’écran, et on fait glisser la carte sous ce point. Un récit se fait entendre quand on s’approche de certains endroits identifiables, et s’éteint progressivement quand on s’en éloigne. C’était la nouveauté par rapport à Territoire dansé : la spatialisation du son, pour que l’on découvre les récits en parcourant le territoire.

Pour que les voix restent audibles, les paysages sonores baissent automatiquement quand un récit se joue. Chaque récit s’écoute aussi en entier, et la liste complète des sons est accessible depuis le menu. La carte s’écoute de préférence au casque. Elle se parcourt à la souris, au clavier ou au doigt. Sur iPhone, iOS ne permet pas la spatialisation : la carte s’y écoute sans, et un bandeau prévient le visiteur qu’il perd l’essentiel de l’expérience.

La carte au deuxième niveau, couverte d'une grille et de cercles rouges qui se chevauchent.
La vue de réglage : chaque cercle rouge marque la zone où un son se fait entendre ; le volume et la répartition gauche/droite varient selon sa position et le niveau de zoom. La grille sert de repère pour renseigner les coordonnées des sons.

La méthode : composer les paysages sonores à même la carte

Le projet a avancé par prototypes successifs : la carte et ses niveaux, le déclenchement des sons, puis leur superposition. Chaque étape a été validée avec Caroline sur une version qui fonctionnait, pour juger l’effet à l’écoute plutôt que sur une maquette. Caroline plaçait elle-même les sons sur la carte, dans un fichier qu’elle éditait avec un tableur : une position, un niveau de zoom et quelques autres réglages pour chacun. Elle a ainsi composé les paysages sonores à même la carte. Rendre cela possible a été une bonne part du travail : un fichier simple à tenir, et des séances à son bureau pour qu’elle le prenne en main. Elle a pu s’appuyer sur ce qu’elle avait appris avec notre précédent projet Territoire dansé. J’ai aussi accompagné Yann Degruel, l’illustrateur choisi par Caroline, sur les contraintes d’un dessin en plusieurs niveaux.

La suite : une carte pour présenter l’enquête

Mise en ligne en 2025, puis affinée jusqu’au début de 2026, la carte a servi de support aux restitutions de l’enquête : aux Rencontres de l’écologie à Die, dans un séminaire de recherche sur la gouvernance de l’eau, aux rencontres du GRAIE (le réseau des professionnels de l’eau) et dans des festivals. Caroline a aussi réalisé une version podcast de l’enquête, pour une écoute plus linéaire.

Crédits

Caroline Fontana : enquête, réalisation sonore, composition des paysages sonores, coordination éditoriale
Bernard Fort : compositions de certains sons, captations naturalistes
Yann Degruel : illustration de la carte
Nicolas Guichard : conception de l’expérience et de l’interface, développement, teaser vidéo


Je suis Nicolas Guichard, designer. Sous le nom de Studio Vivant, je conçois, réalise et fais évoluer les sites, les outils numériques et les supports de communication d’associations, de coopératives et d’entreprises. Je pars du contexte et des usages réels de chacun de leurs publics pour créer des solutions claires et fonctionnelles.

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